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Anne 350

05 : Les fantômes ne pleurent pas

Les fantômes ne pleurent pas

 

 

Les fantômes apeurent,

Ces ombres terrorisent,

Ces revenants font fuir.

 

Et pourtant,

Les fantômes ne causent,

Car leurs voix se sont tues.

Ces ombres ne ripaillent,

Leurs papilles sont mortes.

Ces revenants ne palpent,

Leurs mains sont enterrées.

Les fantômes ne pleurent,

Leurs larmes sont taries.

 

Toutefois,

Les fantômes implorent,

Comptant être entendus.

Ces ombres jeûnent,

Ayant faim d’infini.

Ces revenants frôlent,

Désirant émouvoir.

 

Les fantômes souffrent,

Et peuvent faire pleurer.

 

 

 

©Rachel Boisvert

2011-07-18

 

Anne 350

  

04: Invitation à me suivre

 

Ce parcours est un clin d’œil au célèbre chemin de croix…  Il en a en commun le nombre de stations et il en diffère grandement car certaines ne semblent pas très catholiques. C’est mon chemin, ni de croix, ni de Damas, mais tout simplement le mien. Suivez-moi à votre gré… vers quelques stations choisies…

 

 

Première station : Une enveloppe secrète.

 

Dans une enveloppe secrète,

Je conserverai…

 

Des lettres de sympathie,

Pour les moments de chagrin.

Des lettres pleines de rires,

Pour les heures creuses.

Des lettres d’affaires,

Pour les jours où je n’ai rien à faire.

Des lettres de recommandation,

Pour les moments de panique.

Des lettres de démission,

Pour les temps de guerre.

 

Et j’y glisserai aussi toutes les lettres de l’alphabet,

Pour y puiser mille et une histoires!

 

 

Huitième station : Ma grande bibliothèque privée.

 

Dans ma grande bibliothèque privée,

J’organiserai…

 

Une section aux fauteuils de velours,

Pour les auteurs ayant reçu des prix.

Une section de causeuses,

Pour  rencontrer mes auteurs préférés.

Une section de berceuses,

Pour me régaler des auteurs qui me charment.

Une section de sièges éjectables,

Pour suivre les auteurs qui me transportent.

Une section de chaises longues,

Pour les livres endormants à lire le soir.

Une section de chaises percées

Pour les livres barbants qui me font… !

 

J’y organiserai un coin bien à moi,

Où je lirai et relirai «L’Aventure» de Jacques Brel.

 

 

Neuvième station : Un enclos mirifique.

 

Dans un enclos mirifique

Je protégerai…

 

Une sage tortue,

Pour me rappeler qu’il ne sert à rien de courir.

Un grand méchant loup,

Pour me rappeler que le danger existe.

Un vilain petit canard,

Pour me rappeler que du pire peut sortir le mieux.

Un chat botté,

Pour me  rappeler que tout peut s’arranger.

Un dragon à huit têtes,

Pour me rappeler qu’il faut se méfier des pièges.

Un héron bleu,

Pour me rappeler que le chagrin est légitime.

 

J’y dorloterai la dernière des licornes

Pour me repaître de son imaginaire éternel.

 

 

Douzième station : Un placard dérobé…

 

Dans un placard dérobé,

Je remiserai…

 

Un chaperon rouge dont je me couvrirai,

Les jours où la vie est la vie est un risque.

Une tuque rouge et blanche que je porterai,

Les jours où la vie est un cadeau.

L’imper de Colombo que j’enfilerai,

Les nuits où la vie est une énigme.

Les pantoufles de Cendrillon que je chausserai,

Les nuits où la vie est une aventure.

 

J’y remiserai aussi un balai magique,

Pour m’évader à mon gré!

 

Rachel Boisvert

2003-2005

Vivrélire

 

Anne 350

 

  03  D’hier à demain

 

Des tablettes de pierre au livre sur bidule électronique, je me suis demandé que pourrait bien être pour moi le livre idéal quant à une société future, un monde parallèle ou une rencontre d’extraterrestres…

J’aimerais bien que le livre me soit facilement accessible en tout temps et en tous lieux en cette société future. Quand je me promènerais sur la rue, j’aimerais bien que les éditeurs de demain m’offrent de la lecture sur tige ou en branches. En effet, une ballade au jardin me permettrait d’effeuiller romans, contes, poésie… Des textes confiés aux feuilles d’arbres serait un beau retour aux sources en plus de rendre disponible une lecture adaptée au temps et au milieu en toutes circonstances. Et pourquoi pas des éditions nuages : une bibliothèque nichée dans le ciel et qui déverserait régulièrement son lot de mots en ondée, en crachin, en pluie fine, en torrent, en déluge même!

Et qu’en serait-il si je vivais dans un monde parallèle? Il me vient d’abord à l’esprit que le format et le poids de mes lectures devraient être réduits au maximum. Alors, je me dis qu’un petit boîtier pourrait contenir tout le matériel nécessaire : vingt-six lettres, des signes de ponctuation et quelques petites fioles contenant des saveurs variées d’imaginaire. Je n’aurais qu’à répandre dans mon boîtier une goutte selon mon goût du moment et j’obtiendrais un texte éphémère qui s’écrive à une vitesse adaptée à mon rythme de lecture. Cela pourrait aussi être une boule de cristal qui au lieu de me donner à lire l’avenir, me permettrait d’accéder à tous les écrits du passé.

Et si je rencontrais un extraterrestre, qu’adviendrait-il du livre? Je n’aurais, je crois, alors besoin que de trois livres. Tout d’abord je lui offrirais un bon dictionnaire pour que l’on puisse se comprendre. Ensuite, je lui proposerais une anthologie de la poésie pour qu’il puisse découvrir la gamme des émotions qui ont cours chez les terriens. Et, finalement, un recueil de contes et légendes de tous les temps et de tous les pays afin qu’il puisse connaître d’où l’on vient et où l’on espère aller.

Et pourquoi n’y aurait-il pas ,dans cette société, ce monde ou pour cette rencontre, des étoiles dont le rôle serait d’alimenter en lecture tout être vivant ici ou ailleurs, aujourd’hui ou demain? Des étoiles branchées sur des imaginaires intemporels et sans frontières déversant des textes de rêves. Des étoiles branchées sur des raisons impérissables et libres répandant des écrits éclairants. Heureusement que je n’ai pas à attendre ces conditions pour assouvir mon besoin de lecture, je n’ai qu’à explorer tous ces livres qui ne demandent qu’à être ouverts… et lus!

PS  En 2014, j’en suis au bidule électronique depuis plus d’un an… j’aime bien, mais je rêve encore….

Rachel Boisvert, Vivrélire, Novembre 2002

 

Anne 350

 

02 C’est dans les romans…

 

Dans l’univers de la lecture plusieurs décrient la lecture des romans…

 

Jean Lapointe chante…

C’est dans les chansons qu’on apprend la vie

Y a dans les chansons beaucoup de leçons… 1

 

À l’instar de monsieur Lapointe, j’ose dire…

 

C’est dans le romans qu’on apprend la vie

Y a dans les romans beaucoup d’émotions

C’est dans ces pages qu’on apprend à vivre

Mais c’est dans la vie qu’on écrit des romans

Et c’est de ces vies qu’on forge des romans.

 

Je pose une question : Alors pourquoi tant décrier la lecture des romans?

 

J’ajoute, quand il s’agit d’autobiographie, il est bon de  signaler bio fiction…

 

Rachel Boisvert

Hiver 2014

 

Anne 350

01 Au gré de mes heures…

 

Au gré de mes heures,
Un livre s’ouvre et se ferme:
Stable compagnon de papier.

Au gré de mes humeurs,
Les livres me consolent ou me bouleversent:
Étonnants caméléons de feuilles.

Au gré de mes fantaisies,
Un livre se prête ou s’offre:
Précieux gage d’amitié.

Au gré de leur trame,
Les livres se dégustent ou se dévorent:
Subtils bonheurs à la page.

Au gré de leur richesse,
Les livres me ravissent ou me désolent:
Fragiles châteaux de mots.

Au gré de leur mystère
Les livres se traversent ou s’explorent:
Versatiles rivières d’émotions.

Au gré des personnages
Les livres deviennent séduisants ou choquants
Fictives rencontres romanesques

Et toujours, pour moi
Les livres seront à la vie
Ce que sont les étoiles à la nuit:
Lumières et rêves!

 

 

Rachel Boisvert,
Vivrélire, 2001; augmenté 2010

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