Monde réaliste

Cuisines du grand Midwest

Cuisines du grand midwest

« En 1978, diplôme de fin d’études en poche, Lars foutut le camp de Duluth. » p. 10

De tradition en innovation.

Née d’un père traumatisé par le lutefisk, mets traditionnel norvégien, Eva connaît un sort hors de l’ordinaire. Dès son plus jeune âge, son père a veillé à développer le sens du goûter chez sa fille. Eva est dotée d’un palais exceptionnel. Une douance peu commune qui devient son bâton du pèlerin pour la vie. Elle sait s’en servir pour avancer, sans vergogne d’abord tout en peaufinant ses manières d’agir avec le temps. Des piments crachés à la figure de ceux qui la harcèlent à l’école jusqu’aux aux somptueux dîners à cinq mille dollars le couvert, Eva gagne tranquillement sa place dans le milieu culinaire.

L’originalité de ce roman, ayant pour thème le monde culinaire, tient sa particularité à la ténacité de d’une enfant de mettre à profit le legs que lui a laissé son père : l’éducation de son palais. L’enchainement des situations est intéressant et permet de découvrir des traditions culinaires américaines. Eva, semble imperméable aux gens qu’elle côtoie tout en ayant une réelle empathie pour eux. C’est un personnage très secret et assoiffé de découvertes. Elle ne s’arrête pas à ses petits succès, elle veut toujours réussir plus et surtout, mieux. Elle cherche la perfection. Le style est d’écriture est simple. Les phrases sont brèves. Plusieurs mots américains ont été conservés dans la traduction, probablement par respect de la couleur locale. Les traditions culinaires de l’époque répertoriées présentent un intérêt certain. Ce roman est une errance dans l’univers des agapes simples à celles plus sophistiquées offrant une carte de saveurs d’hier et d’aujourd’hui. R. Boisvert

Stradal, J. Ryan

Éditions Rue Fromentin, 2017

342 p., Roman

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