Monde réaliste

Ces liens qui nous séparent

Ces liens qui nous séparent« Ses baskets à elle, ses bottes à lui. » p. 13

Garde partagée d’une maison.

 

À tour de rôle, Sasha et Ray occupent la même chambre de la maison de Long Island. D’un univers familial commun, ils n’ont pourtant que ce lien entre eux. Cette chambre est pour eux un cocon qui veille sur leur croissance et qui les amène à vouloir se rencontrer malgré les règles strictes de leurs géniteurs. À l’adolescence, un travail d’été vient enrichir ce lien. Ils sont forcés de communiquer pour bien remplir leurs tâches n’étant pas, bien sûr, présents en même temps à ce travail partagé. Chacun cherche sa place dans cet univers familial compartimenté. Les trois filles de cette famille dilatée et cloisonnée jouent délibérément leur rôle de grandes sœurs auprès d’eux. Sasha et Ray composent avec cette réalité choisie par leurs parents jusqu’au jour où ils en ont assez.

Roman réaliste très contemporain. Ce tableau d’une cellule familiale moderne est réussi. L’auteur met la lumière sur les deux personnages les plus touchés par la situation. Sasha et Ray sont autant dociles l’un que l’autre. Ray est très respectueux de son « double » avec laquelle il partage un univers aussi intime qu’une chambre. Sensible et persévérant, il cherche un trait d’union à établir entre eux. Sasha, plus réservée, n’est pas indifférente pas à la situation, elle y réagit placidement. Les parents responsables de cet état de choses sont vraisemblables et chacun des autres personnages secondaires apportent un point de vue personnel et intéressant. Cette chronique familiale est à lire. R. Boisvert

Brashares, Ann

Gallimard, 2017

329 p.

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