Monde réaliste

La théorie du grand tout

theorie-du-grand-tout« Jamie n’est plus là. Elle est morte en mars. » page : 14

 

S.O.S. détresse

Sarah peine à se remettre de la mort de sa meilleure amie. Ce qui rend la situation encore plus pénible, c’est qu’elle était présente lors de l’accident et qu’elle a été incapable de la secourir. Son entourage aimerait que Sarah passe à autre chose et redevienne tel qu’elle était avant la mort de Jamie. Personne ne se rend compte de sa profonde détresse qui vient de son sentiment de culpabilité, ce dont elle ne parle à personne. Il n’y a que Jamie avec qui elle pourrait en parler, mais elle n’est plus là! Quelque temps plus tard, Sarah est témoin d’un autre événement dramatique dans le même gymnase. À partir de ce moment funeste, un enchaînement de faits crée autour d’elle un réseau d’entraide. Sarah abandonne peu à peu le sarcasme, mais quand, comment et à qui fera-t-elle le récit de ce qui l’étouffe depuis la tragédie.

Un émouvant roman réaliste sur le thème du deuil et du sentiment de culpabilité. Le récit est agréablement tissé autour de ce nœud asphyxiant. Sarah est touchante au milieu de son entourage qui veut son bien : famille, école, spécialistes, sans vraiment savoir ce que serait ce bien. Sa mère et son frère sont particulièrement pénibles. Son père se fait discret, toutefois on le sent à l’écoute du silence de sa fille. Les autres adoptent tout simplement le comportement lié à leur tâche. Stenn, l’ami officiel de Sarah veut également qu’elle se porte mieux, c’est-à-dire qu’elle se comporte mieux. Le réseau amical autour de Sarah lui apporte l’empathie nécessaire à son rétablissement. La facture matérielle de ce roman peut plaire ou non, toutefois il serait regrettable de passer à côté de ce texte vibrant. Le récit n’est pas linéaire. Le style de la narration est fluide, les insertions d’énumérations ou d’apartés n’alourdissent en rien le texte. Sarah est une adolescente meurtrie se débattant à sa façon pour reprendre pied, et le lecteur a de la chance qu’elle prenne corps sous la plume de cet auteur. R. Boisvert

J.J. Johnson

Alice, 2016

Tertio, 463 p.

 

 

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