Monde réaliste

La vie au bout des doigts

Vie au bout des doigts « Guenièvre avait été placée là trois années auparavant, en septembre 1910, à la mort de ses parents. » page 13

 

En temps de malheur, l’entraide peut parfois naître…

 

Guenièvre, quatorze ans, aurait un don…  Elle vit mal avec ce fait. À l’exception de Pauline, tous la rejettent au collège; même la direction, qui sous prétexte de frais impayés, la réexpédie dans sa famille.  À partir de ce moment, Guenièvre semble ballotée au gré des vents. Tourbillon de maladie et d’accident ayant décimé sa famille. 1913, le vent de la guerre se pointe menaçant. Souffles environnants lui parlant de son don… De l’avant –guerre à l’après-guerre, elle se cherche tout en ne stagnant pas. La vie s’organise autour d’elle, un phalanstère se met en place, chacun y trouve son compte. À la fin de la guerre que seront devenus ces gens du phalanstère, que deviendra Guenièvre? Le don qui hante sa vie, saura-t-il éclore?

 Un roman en douceur dont le contexte est une époque particulièrement pénible pour chacun. L’auteur a su y faire vivre ses personnages de manière intéressante et attachante. Le rejet social, les non-dits familiaux, la misère des autres, les problèmes quotidiens engendrés par la guerre sont le lot dans lequel Guenièvre grandit en âge et en sagesse. C’est une adolescente qui interagit avec la vie. Un roman sur  la douleur qui ne passe pas sous silence les maux de la guerre, mais qui n’en fait pas « La Une » des nouvelles! L’écriture est à la hauteur du contenu, de grande qualité. Un roman à ne pas manquer.   Rachel Boisvert

Charpentier, Orianne

Gallimard, 2014

Scripto, 409 p.

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